Le théogore de Pytharème

Ben voilà, j’voulais vous dire que j’ai lu ce bouquin, d’un trait. Parce que je suis prof ? Ah, peut-être bien, oui…

Ma chance à moi c’est que je connais pas ces problèmes de discipline dans mes cours. Tout au plus un « retourne aux toilettes te laver les mains » par-ci par-là. C’est ledg’. Pas du tout du Entre les murs. Ça veut pas dire que les soucis sont inexistants, mais c’est jamais la jungle. Et j’apprécie, en mode pleine conscience, cette qualité de temps d’enseignement.

Ce qui est ahurissant c’est qu’elles sont récurrentes ces histoires de collèges et de lycées terribles, mais que les solutions sont rares, ou absentes. Ou souvent même avortées. Par le personnel même de l’établissement, d’ailleurs, qui lisse tous les moindres débuts de vagues. Tant pis pour les insultes, tant pis pour la violence, tant pis pour l’intégrité. Tant pis aussi pour la vie, quelques fois.

Bref, dans ce bouquin vous aurez une magnifique illustration de toutes ces personnalités qui s’entrechoquent, rapports de force, baissages de bras, croissants surgelés/réchauffés…

Le mieux de tout ? Ça parle de la vraie vie.

Au fait, il s’appelle Le théorème de Pythalès (je crois qu’il y a un jeu de mots dans le titre, mais moi j’ai fait L), par Pauline Dubois.

Ah, et sinon j’ai une question. Hihi. Va y avoir une suite ? Non, parce que moi je veux savoir ce que Morgan est devenu/va devenir. Pareil pour Caro – heu Caroline, tu me permets, on va se tutoyer.

En somme, est-ce que Korrigan et Panzani… enfin… vous voyez ce que je veux dire… parce qu’on dirait un peu que…

… Est-ce qu’ils vont monter une école Montessori ensemble, quoi ?!

Nous irons en Iran

Vraiment par hasard, mes deux dernières lectures, piochées un peu au pif dans les rayons de la bibliothèque -parce que « le tire était sympa »- m’ont conduite en Iran.

J’ai d’abord eu un peu de mal à entrer dans Le târ de mon père de Yasmine Ghata mais au milieu du livre j’ai su que je ne pouvais pas décrocher. Le style est prenant ; la musique, la mort se transforment en personnages inquiétants dans ce récit à plusieurs voix.

Quant à Comme tous les après-midi, je reconnais avoir eu un coup de cœur (aussi pour la maison qui édite : Zulma). Simplicité. Vies ordinaires. Dans ce recueil de nouvelles, Zoyâ Pirzâd peint des portraits de femmes iraniennes, mêlant parfois un zeste de fantastique au réalisme du quotidien. La banalité transformée en poésie.

Lettre à Jimmy

Il est midi. Je viens de finir de lire la Lettre à Jimmy d’Alain Mabanckou. Qui me laisse un peu chose.

Le texte en soi ne m’a pas passionnée, mais l’histoire de James « Jimmy » Baldwin, et celle du clochard à qui ces lignes sont dédiés, sont captivantes. Ce livre, tout en nous faisant voyager -de Harlem à Saint-Paul de Vence- et rencontrer des tas de gens connus, parle essentiellement de discriminations raciales ; et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de penser féminisme pendant toute la lecture. Parce que c’est une histoire d’oppressions, c’est sûr. De marginalité. Parce que je me sens concernée. Parce que je devais particulièrement avoir ça en tête ces jours-ci. De comment rétorquer aux ignares qu’on vaut la même chose.

Voilà pourquoi j’aimerais m’éloigner des messages propres à l’œuvre et proposer une version détournée d’un paragraphe de cette lettre, une citation de Frantz Fanon que Mabanckou a glissée entre ses mots :

Non, je n’ai pas le droit de venir crier ma haine aux hommes. Je n’ai pas le devoir de murmurer ma reconnaissance aux hommes… Si les hommes me contestent mon humanité, je leur montrerai, en faisant peser sur leurs vies tout mon poids de femme, que je ne suis pas ce qu’ils persistent à imaginer.