Au jeu !

Marie-Laure Boudreau remet le couvert, et ça n’a pas la même saveur ! C’est dans une ambiance plus folk/pop avec des agrémentations électro qu’elle nous invite cette fois-ci à la rejoindre. Je lui ai trouvé des airs de France Gall (refrain de Mauvais record), quelques fois des sonorités africaines, et toujours, de magnifiques textes.

Excusez-moi du coup de cœur, le titre Libertée -avec un e, tout à fait, pour renforcer le féminin- traitant des discriminations faites aux femmes, m’a captivée. Oui, c’est un de mes sujets de prédilection, et c’est si joliment résumé dans le refrain où elle nous donne l’explication à ce problème… on est mal nées. Voici le message, que je tronque un peu pour le rendre plus généraliste :

Lorsqu’une femme s’y essaie
Elle se fait regarder de travers
Car elle n’est pas née garçon

Une chanson pour toutes les femmes, notamment celles « à qui l’on ne donne pas le choix ».

Avec Asteur qu’on est branchés, elle dénonce les comportements des #humains que nous sommes. Égocentrisme, exhibitionnisme, brouhaha de l’instantanéité. Et surtout, le manque de réflexion avant de s’exposer sur les réseaux.

Et puis, elle nous conduit vers deux histoires plus intimes. Mauvais record, qui raconte l’anecdote d’un vendredi soir dans un bar, et La nuit se lève, texte à la fois grinçant et poignant. Je vous en laisse une introduction, sans vous dévoiler la chute :

Tu arrivais toujours bien après minuit
[…]
Un jour t’as dit que tu t’en allais au loin
[…]

Bref, une large gamme de thématiques, les mêmes qui font que la vie est la vie.

Plus que quelques jours à patienter, ce nouvel EP sera disponible dès le 4 octobre. Ça n’a pas la même saveur, je disais, mais on aime aussi beaucoup ! Tout comme on aime soutenir des artistes authentiques. À écouter !

Jambalaya on the bayou

Ma récente lecture du Bayou des Acadiens m’a refait plonger à plus forte dose dans les profondeurs de youtube en quête de tounes cajun et zydéco… quand soudain ! Qu.. que… quoi, cette musique ! Pouf, direct en enfance, quand la gamine que j’étais faisait tourner en boucle ses CDs de rock’n’roll et de gospel.

Je suis sûre que vous aussi vous avez ces airs qui vous entraînent d’un coup dans le passé et vous endiablent le sang. Et je suis sûre aussi que vous reproduisiez les sons que vous entendiez, sans rien comprendre, si c’était dans une autre langue.

Voilà ce qui vient de m’arriver : non seulement j’ai reconnu la musique, mais en plus cette fois j’ai compris des mots (merci mon anglais qui a bien évolué). Les mots ? Bayou, jambalaya, gombo, Thibodaux… Mais ! Cette chansons parle de LA LOUISIANE !

Sauf que je ne reconnaissais pas la voix. La playlist m’avait conduite vers des rythmes beaucoup plus country, alors que moi je connaissais la version rock de Fats Domino. Je me suis donc fait une grosse session « Jambalaya » à différentes sauces, constatant que beaucoup de grands l’ont chantée. Jerry Lee Lewis, Ray Charles, pour ne citer qu’eux.

Trop heureuse, je ne peux pas m’empêcher de vous inviter à écouter cette magnifique « paella louisianaise » qui est en train de me refaire vivre tout plein de souvenirs du temps passé là-bas.

Ici, une des nombreuses versions (je crois que c’est celle que j’écoutais petite) de Jambalaya on the bayou, et les paroles pour tout suivre, là-dessous.

Goodbye, Joe, me gotta go, me-oh, my-oh
Me gotta go, pole the pirogue down the bayou
My Yvonne, the sweetest one, me-oh, my-oh
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Jambalaya and a crawfish pie and filé gumbo
‘Cause tonight I’m gonna see my ma chère amie-o
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Thibodaux, Fontaineaux, the place is buzzin’
Kinfolk come to see Yvonne by the dozen
Dress in style, go hog wild and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Jambalaya and a crawfish pie and filé gumbo
‘Cause tonight I’m gonna see my ma chère amie-o
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Bayou des Acadiens

En octobre je rencontrais l’auteure Beverly Matherne qui signait ses livres et ses CDs au festival Acadiens et Créoles qui a lieu tous les automnes à Lafayette en Louisiane. Je me suis donc offert un exemplaire de sa dernière publication ainsi qu’un enregistrement de sa poésie-blues, pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent après mon retour.

Pendant deux mois, j’ai donc porté dans mon sac à dos cette bouffée de francophonie cadienne sans y toucher, puis j’ai résisté sans y sauter dessus pendant quelques temps encore. Et là, j’ai senti que c’était le bon moment.

Je suis allée chercher dans mes affaires, le Bayou des Acadiens, qui sagement m’attendait.

Sa lecture n’a pas fait un pli. Un peu le matin, un peu le soir, voilà le recueil de nouvelles englouti. Ma réaction n’est pas tiède comme celle d’Amira : ce livre est un bonheur à lire dans ce français de si loin. Nostalgie des souvenirs d’enfance, anecdotes familiales, de la messe, histoires drôles, histoires plus récentes aussi. Le tout très bien écrit par cette dame au teint olivâtre.

L’édition est bilingue. Je me réserve la version anglaise pour plus tard (Blind River), pareil pour son album. En attendant, allons sur son site pour écouter Blues Braillant et savoir à quoi ces blues-poèmes ressemblent !

Marie-Laure Boudreau

Voilà une artiste que je vous conseille sans réserve.

Dans l’album qu’elle vient de sortir elle crée la musique, elle crée le texte. Ces mots -ses mots- ils sont dits tout moelleux. Font voyager. Louisiane, Maryland, Missouri, Québec… Six chansons, jonglant facilement entre ses langues : anglais ? français ? servez-vous ! les deux ? jetez-vous par exemple sur Zydeco across Atchafalaya.

Mais surtout, ne vous détrompez pas, la douceur de sa voix sait parler de réalités crues : drogue, violences. Je pioche un passage qui vous sera bien familier :

Range tes armes, policier, range tes armes
Quand l’autre est mains nues

Je suis encore en train de me demander laquelle de ces tounes -comme elle le dirait- je préfère. Peut-être Across the street neighbour pour son texte magnifique combiné à cette mélodie qui désobéit à la dureté du récit (une histoire inspirée d’un fait divers authentique !).

Front coverBcdbabyPrenez « un temps de tortue » pour tout parcourir. Savourez.

Oh, vous avez de la chance, l’album est en écoute au complet en streaming sur la plateforme de musique indépendante cdbaby asteur. Rendez-vous au même endroit si comme moi vous voulez l’acheter, ça s’écoute comme on tartine du beurre mou.

Et puis vous pouvez aussi écouter l’émission Francomix du 19 mai sur le site de KRVS, radio de référence en Louisiane, qui parle du « cidi » et de l’artiste. En français (au pluriel), pour les amoureux.seuses de la musique et de la francophonie.

Bonus : découvrez les paroles sur son site web.