Jambalaya on the bayou

Ma récente lecture du Bayou des Acadiens m’a refait plonger à plus forte dose dans les profondeurs de youtube en quête de tounes cajun et zydéco… quand soudain ! Qu.. que… quoi, cette musique ! Pouf, direct en enfance, quand la gamine que j’étais faisait tourner en boucle ses CDs de rock’n’roll et de gospel.

Je suis sûre que vous aussi vous avez ces airs qui vous entraînent d’un coup dans le passé et vous endiablent le sang. Et je suis sûre aussi que vous reproduisiez les sons que vous entendiez, sans rien comprendre, si c’était dans une autre langue.

Voilà ce qui vient de m’arriver : non seulement j’ai reconnu la musique, mais en plus cette fois j’ai compris des mots (merci mon anglais qui a bien évolué). Les mots ? Bayou, jambalaya, gombo, Thibodaux… Mais ! Cette chansons parle de LA LOUISIANE !

Sauf que je ne reconnaissais pas la voix. La playlist m’avait conduite vers des rythmes beaucoup plus country, alors que moi je connaissais la version rock de Fats Domino. Je me suis donc fait une grosse session « Jambalaya » à différentes sauces, constatant que beaucoup de grands l’ont chantée. Jerry Lee Lewis, Ray Charles, pour ne citer qu’eux.

Trop heureuse, je ne peux pas m’empêcher de vous inviter à écouter cette magnifique « paella louisianaise » qui est en train de me refaire vivre tout plein de souvenirs du temps passé là-bas.

Ici, une des nombreuses versions (je crois que c’est celle que j’écoutais petite) de Jambalaya on the bayou, et les paroles pour tout suivre, là-dessous.

Goodbye, Joe, me gotta go, me-oh, my-oh
Me gotta go, pole the pirogue down the bayou
My Yvonne, the sweetest one, me-oh, my-oh
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Jambalaya and a crawfish pie and filé gumbo
‘Cause tonight I’m gonna see my ma chère amie-o
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Thibodaux, Fontaineaux, the place is buzzin’
Kinfolk come to see Yvonne by the dozen
Dress in style, go hog wild and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Jambalaya and a crawfish pie and filé gumbo
‘Cause tonight I’m gonna see my ma chère amie-o
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Bayou des Acadiens

En octobre je rencontrais l’auteure Beverly Matherne qui signait ses livres et ses CDs au festival Acadiens et Créoles qui a lieu tous les automnes à Lafayette en Louisiane. Je me suis donc offert un exemplaire de sa dernière publication ainsi qu’un enregistrement de sa poésie-blues, pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent après mon retour.

Pendant deux mois, j’ai donc porté dans mon sac à dos cette bouffée de francophonie cadienne sans y toucher, puis j’ai résisté sans y sauter dessus pendant quelques temps encore. Et là, j’ai senti que c’était le bon moment.

Je suis allée chercher dans mes affaires, le Bayou des Acadiens, qui sagement m’attendait.

Sa lecture n’a pas fait un pli. Un peu le matin, un peu le soir, voilà le recueil de nouvelles englouti. Ma réaction n’est pas tiède comme celle d’Amira : ce livre est un bonheur à lire dans ce français de si loin. Nostalgie des souvenirs d’enfance, anecdotes familiales, de la messe, histoires drôles, histoires plus récentes aussi. Le tout très bien écrit par cette dame au teint olivâtre.

L’édition est bilingue. Je me réserve la version anglaise pour plus tard (Blind River), pareil pour son album. En attendant, allons sur son site pour écouter Blues Braillant et savoir à quoi ces blues-poèmes ressemblent !

Martina et son monstre

Una tal Martina y su monstruoUna tal Martina y su monstruo, c’est une BD qui m’a donné du peps. L’histoire d’une fille qui s’assume. En gros (héhé), elle aime son boulot, elle aime se sentir épanouie, elle aime ses rondeurs… Et elle a ce petit monstre qui l’accompagne partout, parce que ce monstre c’est la matérialisation de ses peurs. Il s’alimente de son insécurité. Et il est tout riquiqui parce qu’elle a appris à vivre avec, et donc, à ne plus se boycotter.

Bah, je vais le dire : voilà une lecture pour tou.te.s, parce que ça fait du bien de se rappeler qu’on est cap de plein de trucs ; et pour les grossophobes ! Parce que OUI, on peut être rond.e et s’aimer quand même comme ça.

Puis, ça se lit en un rien de temps, et c’est joliment dessiné et écrit. Par Sara Fratini.

Marie-Laure Boudreau

Voilà une artiste que je vous conseille sans réserve.

Dans l’album qu’elle vient de sortir elle crée la musique, elle crée le texte. Ces mots -ses mots- ils sont dits tout moelleux. Font voyager. Louisiane, Maryland, Missouri, Québec… Six chansons, jonglant facilement entre ses langues : anglais ? français ? servez-vous ! les deux ? jetez-vous par exemple sur Zydeco across Atchafalaya.

Mais surtout, ne vous détrompez pas, la douceur de sa voix sait parler de réalités crues : drogue, violences. Je pioche un passage qui vous sera bien familier :

Range tes armes, policier, range tes armes
Quand l’autre est mains nues

Je suis encore en train de me demander laquelle de ces tounes -comme elle le dirait- je préfère. Peut-être Across the street neighbour pour son texte magnifique combiné à cette mélodie qui désobéit à la dureté du récit (une histoire inspirée d’un fait divers authentique !).

Front coverBcdbabyPrenez « un temps de tortue » pour tout parcourir. Savourez.

Oh, vous avez de la chance, l’album est en écoute au complet en streaming sur la plateforme de musique indépendante cdbaby asteur. Rendez-vous au même endroit si comme moi vous voulez l’acheter, ça s’écoute comme on tartine du beurre mou.

Et puis vous pouvez aussi écouter l’émission Francomix du 19 mai sur le site de KRVS, radio de référence en Louisiane, qui parle du « cidi » et de l’artiste. En français (au pluriel), pour les amoureux.seuses de la musique et de la francophonie.

Bonus : découvrez les paroles sur son site web.

Nous irons en Iran

Vraiment par hasard, mes deux dernières lectures, piochées un peu au pif dans les rayons de la bibliothèque -parce que « le tire était sympa »- m’ont conduite en Iran.

J’ai d’abord eu un peu de mal à entrer dans Le târ de mon père de Yasmine Ghata mais au milieu du livre j’ai su que je ne pouvais pas décrocher. Le style est prenant ; la musique, la mort se transforment en personnages inquiétants dans ce récit à plusieurs voix.

Quant à Comme tous les après-midi, je reconnais avoir eu un coup de cœur (aussi pour la maison qui édite : Zulma). Simplicité. Vies ordinaires. Dans ce recueil de nouvelles, Zoyâ Pirzâd peint des portraits de femmes iraniennes, mêlant parfois un zeste de fantastique au réalisme du quotidien. La banalité transformée en poésie.