Instants de poésie à Bangi

Curieusement, je viens de créer ce blog “à textes” aujourd’hui sans me rappeler qu’il y a précisément deux ans je bouclais l’édition d’un petit recueil poétique qui m’est très cher. Une belle soirée pour lancer cet espace dédié à la lecture et l’écriture.

Instants de poésie à BangiInstants de poésie à Bangi est une compilation de textes créatifs écrits en 2013 et 2014 en cours de français par les étudiants et étudiantes du programme Pre-France SPBM (la première promo !) au Malaysia-France Institute de l’Université de Kuala Lumpur, Malaisie.

Au delà du travail scolaire, c’est aussi mon attachement à la Malaisie qu’il représente. En arrivant là-bas en 2012 c’est d’abord à Bangi que j’ai habité : Bandar Baru Bangi, pour être précise. Une ville sans charme pourtant, mais qui ressemble à la Malaisie que j’aime : cuisine de rue, marchés, le “roti puri” de la seksyen 3, la chaleur accablante des premières semaines, mes premiers mots de malais, mes premiers pas malaisiens, en somme. Tout ça c’était là-bas !

Si vous souhaitez voyager un peu avec nous, vous avez la possibilité de télécharger gratuitement le livre au format epub, parfait pour votre liseuse !

Lettre à Jimmy

Il est midi. Je viens de finir de lire la Lettre à Jimmy d’Alain Mabanckou. Qui me laisse un peu chose.

Le texte en soi ne m’a pas passionnée, mais l’histoire de James « Jimmy » Baldwin, et celle du clochard à qui ces lignes sont dédiés, sont captivantes. Ce livre, tout en nous faisant voyager -de Harlem à Saint-Paul de Vence- et rencontrer des tas de gens connus, parle essentiellement de discriminations raciales ; et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de penser féminisme pendant toute la lecture. Parce que c’est une histoire d’oppressions, c’est sûr. De marginalité. Parce que je me sens concernée. Parce que je devais particulièrement avoir ça en tête ces jours-ci. De comment rétorquer aux ignares qu’on vaut la même chose.

Voilà pourquoi j’aimerais m’éloigner des messages propres à l’œuvre et proposer une version détournée d’un paragraphe de cette lettre, une citation de Frantz Fanon que Mabanckou a glissée entre ses mots :

Non, je n’ai pas le droit de venir crier ma haine aux hommes. Je n’ai pas le devoir de murmurer ma reconnaissance aux hommes… Si les hommes me contestent mon humanité, je leur montrerai, en faisant peser sur leurs vies tout mon poids de femme, que je ne suis pas ce qu’ils persistent à imaginer.