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Au jeu !

Marie-Laure Boudreau remet le couvert, et ça n’a pas la même saveur ! C’est dans une ambiance plus folk/pop avec des agrémentations électro qu’elle nous invite cette fois-ci à la rejoindre. Je lui ai trouvé des airs de France Gall (refrain de Mauvais record), quelques fois des sonorités africaines, et toujours, de magnifiques textes.

Excusez-moi du coup de cœur, le titre Libertée -avec un e, tout à fait, pour renforcer le féminin- traitant des discriminations faites aux femmes, m’a captivée. Oui, c’est un de mes sujets de prédilection, et c’est si joliment résumé dans le refrain où elle nous donne l’explication à ce problème… on est mal nées. Voici le message, que je tronque un peu pour le rendre plus généraliste :

Lorsqu’une femme s’y essaie
Elle se fait regarder de travers
Car elle n’est pas née garçon

Une chanson pour toutes les femmes, notamment celles « à qui l’on ne donne pas le choix ».

Avec Asteur qu’on est branchés, elle dénonce les comportements des #humains que nous sommes. Égocentrisme, exhibitionnisme, brouhaha de l’instantanéité. Et surtout, le manque de réflexion avant de s’exposer sur les réseaux.

Et puis, elle nous conduit vers deux histoires plus intimes. Mauvais record, qui raconte l’anecdote d’un vendredi soir dans un bar, et La nuit se lève, texte à la fois grinçant et poignant. Je vous en laisse une introduction, sans vous dévoiler la chute :

Tu arrivais toujours bien après minuit
[…]
Un jour t’as dit que tu t’en allais au loin
[…]

Bref, une large gamme de thématiques, les mêmes qui font que la vie est la vie.

Plus que quelques jours à patienter, ce nouvel EP sera disponible dès le 4 octobre. Ça n’a pas la même saveur, je disais, mais on aime aussi beaucoup ! Tout comme on aime soutenir des artistes authentiques. À écouter !

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Instants de poésie à Bangi

Curieusement, je viens de créer ce blog “à textes” aujourd’hui sans me rappeler qu’il y a précisément deux ans je bouclais l’édition d’un petit recueil poétique qui m’est très cher. Une belle soirée pour lancer cet espace dédié à la lecture et l’écriture.

Instants de poésie à BangiInstants de poésie à Bangi est une compilation de textes créatifs écrits en 2013 et 2014 en cours de français par les étudiants et étudiantes du programme Pre-France SPBM (la première promo !) au Malaysia-France Institute de l’Université de Kuala Lumpur, Malaisie.

Au delà du travail scolaire, c’est aussi mon attachement à la Malaisie qu’il représente. En arrivant là-bas en 2012 c’est d’abord à Bangi que j’ai habité : Bandar Baru Bangi, pour être précise. Une ville sans charme pourtant, mais qui ressemble à la Malaisie que j’aime : cuisine de rue, marchés, le “roti puri” de la seksyen 3, la chaleur accablante des premières semaines, mes premiers mots de malais, mes premiers pas malaisiens, en somme. Tout ça c’était là-bas !

Si vous souhaitez voyager un peu avec nous, vous avez la possibilité de télécharger gratuitement le livre au format epub, parfait pour votre liseuse !

Le théogore de Pytharème

Ben voilà, j’voulais vous dire que j’ai lu ce bouquin, d’un trait. Parce que je suis prof ? Ah, peut-être bien, oui…

Ma chance à moi c’est que je connais pas ces problèmes de discipline dans mes cours. Tout au plus un « retourne aux toilettes te laver les mains » par-ci par-là. C’est ledg’. Pas du tout du Entre les murs. Ça veut pas dire que les soucis sont inexistants, mais c’est jamais la jungle. Et j’apprécie, en mode pleine conscience, cette qualité de temps d’enseignement.

Ce qui est ahurissant c’est qu’elles sont récurrentes ces histoires de collèges et de lycées terribles, mais que les solutions sont rares, ou absentes. Ou souvent même avortées. Par le personnel même de l’établissement, d’ailleurs, qui lisse tous les moindres débuts de vagues. Tant pis pour les insultes, tant pis pour la violence, tant pis pour l’intégrité. Tant pis aussi pour la vie, quelques fois.

Bref, dans ce bouquin vous aurez une magnifique illustration de toutes ces personnalités qui s’entrechoquent, rapports de force, baissages de bras, croissants surgelés/réchauffés…

Le mieux de tout ? Ça parle de la vraie vie.

Au fait, il s’appelle Le théorème de Pythalès (je crois qu’il y a un jeu de mots dans le titre, mais moi j’ai fait L), par Pauline Dubois.

Ah, et sinon j’ai une question. Hihi. Va y avoir une suite ? Non, parce que moi je veux savoir ce que Morgan est devenu/va devenir. Pareil pour Caro – heu Caroline, tu me permets, on va se tutoyer.

En somme, est-ce que Korrigan et Panzani… enfin… vous voyez ce que je veux dire… parce qu’on dirait un peu que…

… Est-ce qu’ils vont monter une école Montessori ensemble, quoi ?!

Conspirons !

Si vous êtes hispanophone, sensible aux thématiques éducatives, je vous invite à découvrir le plan quinquennal que propose José Antonio Marina dans son Despertad al diplodocus. Il compare le système éducatif espagnol à un dinosaure, potentiellement puissant donc, mais endormi.

Quels objectifs à atteindre ? Selon moi, les plus notables sont :

  • la réduction de l’échec scolaire (et réduction des freins d’accès à l’éducation),
  • l’amélioration des contenus,
  • la formation continue des profs / leur évaluation constante.

Et pour y arriver, trois fondamentaux : croire en la nécessité de changement, vouloir le faire, savoir le faire.

Comment réveiller la bête ? En redéfinissant le rôle de pédagogue, en restructurant l’organisation traditionnelle, aussi bien de l’école, que de la famille, les secteurs professionnels privé et public, sans oublier, un chapitre qui me semblait fondamental : les villes (selon l’auteur, troisième moteur du changement).

En effet, l’intelligence de groupe, autrement dit l’intelligence sociale permettrait d’atteindre un capital social solide. Il faut que ce soit un objectif réel pour que l’école change et que l’éducation reprenne tout son sens. Marina cite d’ailleurs Eleanor Roosevelt, lorsqu’elle se demandait où commencent les droits humains universels :

Dans des lieux proches de nous, si proches et si petits qu’on ne peut les voir sur aucune carte du globe. C’est le monde de la personne individuelle, du quartier où elle vit, de l’école ou du collège qu’elle fréquente ; de l’usine où elle travaille. Ce sont les endroits où chaque homme, chaque femme, chaque enfant cherche l’accès égalitaire à la justice, l’égalité des chances, le respect de la dignité et une protection contre la discrimination. Si ces droits n’ont pas de signification dans ces lieux proches, ils n’ont pas de signification ailleurs.

Les villes, constituées de ces endroits si proches et si petits, sont un moteur d’innovations lesquelles ne sont rendues possibles que par la puissance collective. À ce propos, Marina nomme quelques initiatives déjà mises en place au niveau national ou international (d’ailleurs, je suis fière d’y trouver le projet Pizarra Digital de mon cousin José Antonio Blesa, à Ariño, Teruel).

Ce livre est donc une feuille de route, avec des idées qui fonctionnent, pour changer l’école et la société. Marina souhaite que ces changements se produisent d’ici 5 ans tout au plus, vu l’urgence de la situation. Voilà pourquoi il convoque cette conspiration éducative, pour réveiller le diplodocus, pour NOUS réveiller.

L’importance de ce texte ? Je crois que la France vit une situation similaire et qu’une réflexion éducative est absolument nécessaire.

«Nous n’enseignerons plus que ‘le masculin l’emporte sur le féminin’»

Nous n’enseignerons plus que « le masculin l’emporte sur le féminin » c’est comme ça qu’un article publié sur Slate publié avant-hier est intitulé, un engagement de la part d’un collectif professoral, sous forme de manifeste.

Ce document résume les raisons avec lesquelles on peut justifier ce changement, et comme je suis bien d’accord avec tout ce qui s’y lit, en particulier ce passage

la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre

j’ai signé la pétition qui se trouve en bas de page. (Et maintenant en cliquant ici.)

J’aimerais cependant émettre un petit bémol : je suis absolument d’accord avec le besoin d’enseigner autrement. Le sexisme on ne peut l’éradiquer vraiment que par l’éducation. Mais, paradoxe, et ça n’engage que moi, j’enseigne deux formes, une communication inclusive et la traditionnelle, bien malgré moi.

Pourquoi malgré toi me diras-tu ? Eh bien, parce que je rencontre beaucoup de limites et que je ne veux pas sanctionner mes élèves à travers d’autres profs. Oui, car malheureusement ces limites ces sont les collègues, les institutions, les organismes certifiants… C’est un peu comme quand j’enseigne l’orthographe, je donne aussi bien nénuphar que nénufar. Mais quelqu’un d’autre pourrait bien corriger ça. En FLE c’est particulièrement problématique parce qu’on enseigne uniquement la langue, même s’il y a toujours des enseignements transversaux, bien entendu.

Je reconnais que je suis très contente que des débats se créent parce que ce sexisme linguistique c’est un peu mon cheval de bataille. Et je crois profondément qu’on doit avoir une loi qui nous soutienne pour transmettre la langue de cette façon. Sans appui officiel, on se buttera toujours aux collègues réfractaires, et ce sont les élèves qui en pâtiront…

Ne baissons pas les bras

Voici mon contexte : enseignante de FLE, c’est-à-dire de français langue étrangère, et sensibilisée artistiquement (je produis, parfois activement, mais je ne suis pas professionnelle de l’art). Je me considère aussi comme inéluctablement féministe.

Ce week-end deux circonstances se sont croisées pour me décourager ET m’inspirer, en même temps.

Je me suis exposée involontairement via réseau social avec une question concernant le sexisme dans la langue puisque j’étais/ je suis à la recherche de stratégies pour la classe qui favoriseraient une communication plus juste, au niveau basique. Je précise que j’ai déposé mon message dans un groupe spécialisé. À ma grande surprise -n’étant pas consciente du débat en France sur l’écriture inclusive- j’ai dû essuyer un accueil désagréable, dont une réponse carrément insultante. Eh bien, je dois vous dire qu’il s’agit pour moi d’une effraction. Comment peut-on être éducateur (il s’agissait avant tout d’hommes, mais pas que) et vouloir rester aveugle sur les inégalités qui nous entourent et qui peuvent justement être déconceptualisées grâce au langage ? Nous avons la chance de dispenser des connaissances sur cet outil, et nous devrions toutes et tous le mettre à notre avantage pour la promotion d’un changement social, qui plus est, est urgent. J’en suis profondément convaincue. [Au passage, à propos de l’écriture inclusive, je ne suis pas d’accord avec tout, mais je ne doute pas de la nécessité des initiatives égalitaristes.]

En parallèle de cette rage qui a germé partout en moi, j’ai assisté à une série de conférences dans le cadre de la formation Perspectives féministes dans les productions artistiques et les théories de l’art organisée par le centre Azkuna de Bilbao, avec une programmation d’une qualité incroyable ! Je traînais pourtant en moi un sentiment désespéré, mais je me suis réconciliée avec lui et avec mes positionnements, notamment grâce à l’intervention d’ORLAN, qui est une artiste que je qualifierais d’indispensable. Entre autres choses, au travers de la présentation de ses œuvres, de la justification de leur naissance, elle a parlé de la responsabilité que nous avons vis-à-vis de la société. Elle a aussi parlé du manque de sororité. Et tout ça, ça inspire ! [Pour découvrir ORLAN je vous conseille cette interview de Herstory.]

Ma révolte intérieure est donc repassé du côté étincelant de la force. Je suis toujours agitée par ce manque d’intérêt de la part de confrères·sœurs, mais convaincue que c’est une lutte nécessaire, dans toutes les sphères.

En réalité, je vous le demande : est-ce qu’on a vraiment le choix d’être féministe ?

Peau noire, masques blancs

Ouille, aïe, ouille… Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de mal à lire un livre. Je m’étais dit « super, un p’tit bouquin pas trop épais », et c’est sans hésitation que j’ai dégainé ma carte de bibliothèque. Bim. C’est un essai. Très fourni. Envahi de références et de citations. Pourtant, malgré la difficulté du texte ou le sommeil qui pesait, impossible de capituler. (Hem, hem, j’ai aussi mis deux fois plus de temps, même dépassé la période de prêt, j’avoue.)

Ce racisme présent / latent qui baigne encore la Terre, reste un problème d’avenir. Alors, comment renoncer à découvrir les réponses à ces questions annoncées dès les premiers paragraphes :

Que veut l’homme ?

Que veut l’homme noir ?

Oui cet ouvrage expose des faits, décrit des « types », mais il est aussi porteur d’optimisme. Il ne faut pas baisser les bras, c’est à la fin que ce message vient exploser entre les studieuses lignes de Fanon. Qui au passage offre un exposé vraiment détaillé des séquelles de la décolonisation, du rapport Noir-Blanc qui en a découlé, des névroses (par exemple, le « mythe nègre » est largement abordé). Il parle donc de psychanalyse, fait un discours philosophique sur l’instinct et l’habitude, mais parle aussi de culture, d’éducation, en somme  : de visions du monde.

J’ai cueilli cette phrase de Baruk, parmi celles qui m’ont le plus marquées.

La délivrance des complexes de haine ne sera obtenue que si l’humanité sait renoncer au complexe du bouc émissaire.

Et puis , tout à la fin, ce passage qui m’avait émue et qui m’avait donné envie de lire quelque chose de Frantz Fanon ; passage que j’ai transformé dans un autre article il y a peu, et qui continue comme ça :

Je me découvre un  jour dans le monde et je me reconnais un seul droit : celui d’exiger de l’autre un comportement humain.

Un seul devoir. Celui de ne pas renier ma liberté au travers de mes choix.

Et ça, eu delà de ce discours sur une réalité racée, je le pense pour toutes les personnes, surtout celles qui sont victimes de discrimination. Parce qu’on n’a pas la croyance qu’il faudrait, la couleur de peau qu’il faudrait, le sexe ou l’orientation sexuelle qu’il faudrait…

J’ai fini cette lecture le 14 juillet.

C’était dur de lire. Mais encore plus d’écrire.

Jambalaya on the bayou

Ma récente lecture du Bayou des Acadiens m’a refait plonger à plus forte dose dans les profondeurs de youtube en quête de tounes cajun et zydéco… quand soudain ! Qu.. que… quoi, cette musique ! Pouf, direct en enfance, quand la gamine que j’étais faisait tourner en boucle ses CDs de rock’n’roll et de gospel.

Je suis sûre que vous aussi vous avez ces airs qui vous entraînent d’un coup dans le passé et vous endiablent le sang. Et je suis sûre aussi que vous reproduisiez les sons que vous entendiez, sans rien comprendre, si c’était dans une autre langue.

Voilà ce qui vient de m’arriver : non seulement j’ai reconnu la musique, mais en plus cette fois j’ai compris des mots (merci mon anglais qui a bien évolué). Les mots ? Bayou, jambalaya, gombo, Thibodaux… Mais ! Cette chansons parle de LA LOUISIANE !

Sauf que je ne reconnaissais pas la voix. La playlist m’avait conduite vers des rythmes beaucoup plus country, alors que moi je connaissais la version rock de Fats Domino. Je me suis donc fait une grosse session « Jambalaya » à différentes sauces, constatant que beaucoup de grands l’ont chantée. Jerry Lee Lewis, Ray Charles, pour ne citer qu’eux.

Trop heureuse, je ne peux pas m’empêcher de vous inviter à écouter cette magnifique « paella louisianaise » qui est en train de me refaire vivre tout plein de souvenirs du temps passé là-bas.

Ici, une des nombreuses versions (je crois que c’est celle que j’écoutais petite) de Jambalaya on the bayou, et les paroles pour tout suivre, là-dessous.

Goodbye, Joe, me gotta go, me-oh, my-oh
Me gotta go, pole the pirogue down the bayou
My Yvonne, the sweetest one, me-oh, my-oh
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Jambalaya and a crawfish pie and filé gumbo
‘Cause tonight I’m gonna see my ma chère amie-o
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Thibodaux, Fontaineaux, the place is buzzin’
Kinfolk come to see Yvonne by the dozen
Dress in style, go hog wild and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou

Jambalaya and a crawfish pie and filé gumbo
‘Cause tonight I’m gonna see my ma chère amie-o
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-o
Son of a gun, we’ll have big fun on the bayou